Voila c’est fini comme le chantait Jean Louis Aubert! Enfin pas tout à fait… mais c’était ma dernière rentrée à jongler avec 3 enfants sur primaire/collège/lycée.
Et c’est la ou la jeune maman que je suis se dit que je n’ai pas vu les années passer, et que le temps file décidément trop vite!
Diantre, je parle comme les anciens! Serait-ce qu’à peine à 43 ans je ne serai plus si jeune que ça? Mes cheveux blancs me suggèrent qu’effectivement passé 40 ans… et mes artères… bah c’est encore pire peut être! Shiiiit!
J’ai appris que le temps ne reviens pas, et que cette journée ne se présentera pas une seconde fois. Alors en bonne mère louve, j’ai voulu savourer chaque instant de cette dernière rentrée parmi les « petits » pour l’ancrer un peu plus dans ma mémoire.
Les relations sont désormais très cordiales avec monsieur l’ex ( et peut être même meilleure que lorsque nous vivions ensemble…). A journée exceptionnelle, action exceptionnelle, l’ex était à l’heure!
Je suis arrivée bonne deuxième et j’ai rejoints mon fils et son père pour cette ultime appel dans cette cour d’école.
Je ne suis pas de celles qui arrive le coeur emplit d’émotion. Non, moi je suis plutôt de la team qui fonce, qui gère, qui assume… sur le coup en façade. Evidement à peine la sortie passée, mon hypersensibilité a voulu vérifié si mon mascara était bien waterproof. Au vu de ma tête de panda quelques minutes plus tard, il ne l’était pas….
Dans la famille hypersensible, après la mère je voudrais le fils…incognito, avant de passer la grille, il m’a glissé à l’oreille « je l’aimais bien cette école, c’est quand même passé vite le primaire »
Je le pensais en train de savourer sa rentrée, et j’étais à mille lieux d’imaginer qu’il entrevoie cette temporalité. Je l’ai serré dans mes bras, un « Baptiste B. » a claqué dans l’air et mon petit homme a rejoins sa classe, heureux de retrouver ses camarades et sa maitresse.
Et puis le midi, pour une fois, au lieu de la cantine ce fut Mc Do en tête à tête
En revenant devant l’école il m’a dit de sa petite voix « Je ne suis pas triste, mais ça me fait bizarre de me dire que l’année prochaine on ne sera pas tous dans la même école. Elle est bien cette école. » Et sans transition, il a claqué la portière et est reparti pour la deuxième mi temps.
17h25, voiture full et retour de toute ma tribu à la maison.
Les filles racontaient leur emploi du temps, leurs profs, la plus jeune demandait les anecdotes à sa son ainée sur untel ou untel.
Evidement 3 filles dans une voiture, ça occupe un peu beaucoup l’espace de parole.
Sans avoir besoin de barbecue pour s’affirmer il a lancé à l’assemblée « Moi ce soir je n’ai rien à faire et c’était une super journée »
Dans un consensus tacite, Mère et filles se turent pour entendre ce garçon raconter sa journée d’écolier heureux. C’est si récent et encore si « surréaliste » après toutes ces années compliquées!
Mais évidement ce petit humain n’avait pas beaucoup dormi la nuit précédente , tiraillé entre impatience, inquiétude et une sombre histoire de mélatonine . Je claironnais le traditionnel « les dents-pipi-et au lit » quand je sentis des bras venir m’entourer, un petite tête venir se blottir et les sanglots se lâcher.
« C’était une belle journée. Je sais qu’il faut grandir et aller au collège après, mais ça me manquera le primaire et les petits » m’a t-il finalement avoué.
Ce joli mélange d’émotion qui nous déborde nous aussi parfois et qui avait besoin de s’évacuer : La fatigue, la joie des retrouvailles, la tristesse de ce qui ne sera plus…
Je l’ai serré un peu plus fort, en lui expliquant qu’il pouvait pleurer autant qu’il avait besoin et que c’était loin d’être déshonorant d’exprimer ses émotions. S’il savait à quel point je l’ai trouvé grand à ce moment la…
Mon tout petit devient grand.
Grand par la taille, grand par les connaissances, grand par sa capacité à gérer ses émotions intenses, mais surtout je suis de plus en plus impressionnée comme il devient grand par sa sagesse, mon dernier tout petit.
Et moi je grandi avec eux. Je suis toujours leur première fan. Impressionnée des les voir si bien évoluer, rebondir, dépasser les obstacles et avancer sereinement dans leur vie.
Cette rentrée c’est aussi la première dans la grande série des années d’examens. On est entrée dans la dernière ligne droite de ma vie de maman de tribu au grand complet dans ce petit nid douillet.
Alors demain, je vais savourer ma rentrée à moi.
Il y aura certainement des « J’ai pas trouvé de chaussettes », « Magnes toi on va être en retard » et aussi « Mais Baptisteeeeeuuuuu », voir peut être même un « Maman, j’ai oublié de prendre mon cartable »….
Je ralerai un peu pour la forme… négociant le silence au moment de l’horoscope à la radio.
Mais en vrai, il n’y aura qu’une seule tendance autorisée sur le trajet de début de journée: du love, du bonheur et de la bonne humeur!